
JO 2024 : le Paris des paris ?
Autorisées en France depuis 2010, les plateformes de paris sportifs connaissent un net regain d’activité dès lors qu’est organisée une manifestation d’envergure internationale. Ainsi, la Coupe du Monde de football 2022 a enregistré 597 millions d’euros de mises, soit une augmentation de 39% par rapport à l’Euro 2020.
Qu’en sera-t-il avec les Jeux Olympiques qui seront inaugurés le 26 juillet à Paris et dont plus de 7 Français sur 10 indiquent qu’ils vont les suivre ? La très massive campagne de communication autour de cet événement planétaire va-t-elle les inciter à parier lors des différentes compétitions ? Quelles sont les principales motivations, mais aussi les freins majeurs, à se lancer dans des paris, argent ou non à la clé ? Plus généralement, qui soutiendront-ils et considèrent-ils que politique et sport font bon ménage ?
C’est à ces questions que CritiqueJeu.info a souhaité répondre en confiant à l’organisme de données statistiques FLASHS le soin d’interroger 1 000 Françaises et Français à quelques encablures du lancement des JO de Paris 2024. Leurs réponses témoignent d’un net intérêt pour les paris sportifs auxquels plus d’un sur trois dit qu’il s’y adonnera durant la compétition en misant avant tout sur les athlètes les plus performants, mais aussi en laissant vibrer leur fibre nationale.
Sommaire
- 1 7 Français sur 10 suivront les Jeux Olympiques
- 2 Un franc soutien aux athlètes tricolores
- 3 Le pari sportif se conjugue au masculin
- 4 Préférence pour les paris d’argent
- 5 Le gain financier et l’adrénaline d’abord
- 6 Peur de perdre de l’argent
- 7 Un Français sur trois pariera lors des JO
- 8 Tenir la politique à l’écart
- 9 Un soutien mesuré au CIO
7 Français sur 10 suivront les Jeux Olympiques

Globalement, 71% des personnes interrogées déclarent qu’elles suivront les Jeux Olympiques cet été. Seuls 17% des répondants indiquent qu’ils suivront les compétitions de manière assidue, plus de la moitié (54%) optant pour les résumés et les moments clés.
En l’espèce, les hommes sont nettement plus intéressés par l’événement que les femmes puisque 81% d’entre eux y porteront attention contre 63% d’entre elles. Il en va de même pour les sportifs vis-à-vis des non-sportifs : si 80% des premiers se tiendront informés du déroulé et des résultats, à peine plus de la moitié des non-sportifs (55%) sont dans ce cas.
Un franc soutien aux athlètes tricolores

Sans ambigüité, celles et ceux qui comptent suivre les JO apporteront leur soutien aux athlètes français. Ils sont en effet 89% à le dire, 8% n’ayant pas de préférence et 3% choisissant un autre pays que le nôtre.
Parmi les motivations qui les conduisent à soutenir un pays plutôt qu’un autre, les personnes interrogées citent en premier lieu leur nationalité (76%), puis leur lieu de naissance (25%), les performances des athlètes (25%) et l’attachement culturel qu’ils portent à un pays en particulier. Celui de leurs ancêtres est par ailleurs un facteur de choix pour 16% des répondants.
Le pari sportif se conjugue au masculin

Avec ou sans argent en jeu, 48% des Françaises et des Français disent avoir déjà parié sur un événement sportif au cours de leur vie. Une pratique bien plus courante chez les hommes, qui sont 58% dans ce cas, que parmi la gent féminine (39%).
Parmi les parieurs et parieuses, plus de quatre sur dix (42%) indiquent s’y adonner souvent ou systématiquement lors de manifestations sportives quand 58% le font plus occasionnellement. C’est au sein des tranches d’âge les plus jeunes que l’on trouve le plus de parieurs réguliers : 48% des 18-24 ans qui parient dans un cadre sportif le font systématiquement ou souvent contre 23% chez les plus de 65 ans.
Préférence pour les paris d’argent

Lorsqu’elles parient à l’occasion d’événements sportifs, les personnes interrogées dans cette étude précisent qu’elles préfèrent le faire en misant de l’argent. C’est en effet le cas de 68% d’entre elles. Pariant généralement plus fréquemment que les femmes, les hommes sont également plus nombreux qu’elles à engager de l’argent puisque 76% d’entre eux disent que c’est leur cas contre à peine plus de la moitié d’entre elles (57%).
Le gain financier et l’adrénaline d’abord

Lorsqu’ils parient sur un événement sportif, les Françaises et les Français sont avant tout motivés par la perspective d’en retirer un gain financier : un tiers (33%) indique clairement miser dans l’espoir de gagner de l’argent. En second lieu, la recherche de sensations fortes et l’esprit de compétition qui les animent poussent dans des proportions identiques 16% des personnes interrogées à parier sur des athlètes ou des équipes. L’amour du sport n’intervient pour sa part qu’en 4ᵉ position (14%), devançant de peu la curiosité (12%), loin devant les habitudes familiales (5%) ou encore l’influence des médias et de la publicité (5%).
Peur de perdre de l’argent

Si gagner de l’argent s’avère une source de motivation certaine parmi les parieurs, la peur d’en perdre est le principal frein à miser parmi la population globale. Ainsi, 45% des répondants citent cette crainte en premier lieu, une proportion qui grimpe à 58% chez les 18-24 ans dont les revenus sont généralement plus faibles. Le deuxième obstacle aux paris sportifs est assez logique puisqu’il relève tout simplement du manque d’intérêt à leur endroit (26%). Preuve que les campagnes de prévention marquent certains esprits, 11% des personnes interrogées s’abstiennent de parier par peur de tomber dans la spirale de l’addiction, un fléau bien connu aux conséquences souvent désastreuses.
Un Français sur trois pariera lors des JO

34% des personnes interrogées ont l’intention de parier lors des Jeux Olympiques. 9% en sont certaines quand 25% disent qu’elles le feront probablement. En la matière, il est intéressant de noter que celles et ceux qui se déclarent sportifs dans leur vie quotidienne sont nettement plus nombreux que les non-sportifs à déclarer qu’ils parieront à l’occasion de cette manifestation planétaire (42% contre 17%).
Pragmatiques, 47% des parieuses et des parieurs miseront sur les athlètes qu’ils jugent les meilleurs dans leur catégorie tandis qu’un tiers d’entre eux (33%) laisseront parler leur fibre sentimentale en se reportant sur des sportifs qu’ils admirent ou qui sont du même pays qu’eux. À parts égales, 10% ne mettront en œuvre aucune stratégie (c’est particulièrement le cas de 43% des plus de 65 ans) et 10% se fieront aux cotes et pronostics émanant de spécialistes.
Tenir la politique à l’écart
Symboles de la fraternité entre les peuples, moment de trêve idéalisé, les Jeux Olympiques ont toutefois souvent été le théâtre de manifestations politiques et de controverses. De leur instrumentalisation par Hitler en 1936 aux boycotts qui ont marqué ceux de 1980 à Moscou puis de 1984 à Los Angeles, en passant par le tragique attentat qui a coûté la vie à onze athlètes israéliens en 1972 à Munich, les Jeux n’ont pas échappé aux soubresauts de l’Histoire. À l’heure où ceux de Paris vont très prochainement débuter, les Françaises et les Français marquent très clairement leur volonté que les Jeux Olympiques soient préservés de la politique : 69% le disent contre seulement 11% qui pensent le contraire et 20% qui ne se prononcent pas. Ce souhait d’une manifestation dans laquelle seuls compteraient les enjeux sportifs augmente singulièrement avec l’âge des personnes interrogées. Quand moins d’un jeune âgé de 18-24 ans sur deux (46%) se prononce en faveur d’une séparation nette, la proportion s’élève à 79% chez les 50-64 ans et à 85% chez les plus de 65 ans. Cette neutralité recherchée par les seniors peut s’expliquer par le souvenir de temps où JO et politique n’ont pas fait bon ménage, tandis que les plus jeunes voient probablement cette manifestation de portée mondiale comme un vecteur privilégié pour porter différents messages. Un soutien mesuré au CIO
Décision politique s’il en est, l’interdiction faite par le Comité International Olympique (CIO) aux athlètes russes et biélorusses de concourir sous les couleurs de leur pays est pleinement soutenue par un tiers (32%) des répondants. Un quart (26%) y adhère tout en émettant des réserves tandis que moins d’une personne sur cinq (18%) s’y montre opposée. Un autre quart (24%) indique ne pas avoir d’opinion sur cette question, une position notamment marquée chez les 18-24 ans (32%) et chez les femmes (31% contre 17% parmi les hommes). Majoritairement opposés aux interférences entre sport et politique, les Françaises et les Français sont par ailleurs très partagés sur la capacité des Jeux Olympiques à atténuer les tensions entre pays. Si 39% pensent que cela est effectivement possible, 42% estiment le contraire et 19% ne se prononcent pas. |
Enquête réalisée par FLASHS pour CritiqueJeu.info du 21 au 26 juin 2024 par questionnaire autoadministré en ligne auprès d’un panel de 1 000 personnes âgé(e)s de 18 ans et plus, représentatif de la population française. Le questionnaire a été diffusé par Selvitys.
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